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Frelon asiatique : Une menace pour les activités agricoles, paysagistes et forestières

Outre les incidences sur l’activité humaine, le frelon asiatique à pattes jaunes affaiblit les colonies d’abeilles et impacte les rendements agricoles dépendant de la pollinisation. Photo DR.
Outre les incidences sur l’activité humaine, le frelon asiatique à pattes jaunes affaiblit les colonies d’abeilles et impacte les rendements agricoles dépendant de la pollinisation. Photo DR.

La progression du Vespa velutina nigrithorax, plus connu sous le nom de frelon asiatique à pattes jaunes, déjà présent dans nos villes, inquiète les professionnels du monde rural. Agriculteurs, apiculteurs, paysagistes et forestiers sont en première ligne face à cet insecte invasif dont la présence peut entraîner des conséquences sécuritaires, économiques et écologiques.

Introduit accidentellement en France en 2004, et présent en Lorraine depuis 2015, le frelon asiatique s’est largement implanté sur le territoire. Il s’attaque principalement aux abeilles domestiques, mettant en péril les ruchers et, par ricochet, la pollinisation des cultures et la biodiversité dans son ensemble.

Sa présence peut entraîner un risque accru d’accidents pour les travailleurs en cas de proximité d’un nid, et provoquer en cas de piqure(s) les réactions suivantes :

-Réaction locale : douleur, rougeur, gonflement, parfois démangeaisons autour du point de piqûre.

-Réaction toxique : elle survient en cas de piqûres multiples. À la réaction locale s’ajoutent des signes généraux comme : fatigue, vomissements, diarrhée, maux de tête, vertiges, voire malaise, pouvant aller jusqu'à la perte de connaissance. Il s'agit d'une urgence et il faut alors réagir très vite. Appelez immédiatement le 15 ou le 112 (le 114 pour les personnes malentendantes).

-Réaction allergique : Oedème avec gonflement du visage, de la main, des yeux, de la langue, de la gorge avec difficultés à parler, à avaler, à respirer, asthme, respiration sifflante ; éruption cutanée (urticaire) généralisée avec des démangeaisons ; douleurs abdominales, nausées, vomissements, une diarrhée ; vertiges, chute de tension, malaise, perte de connaissance ; coloration bleutée de la peau ou une pâleur ; oppression thoracique, arrêt cardiaque. Appelez immédiatement le 15 ou le 112 (le 114 pour les personnes malentendantes).

Risque collectif ou individuel

Le risque est avéré pour les agriculteurs, les cueilleurs de fruits lors de la saison des récoltes, pour les paysagistes et les agents municipaux entretenant les espaces verts (taille, tonte, élagage, débroussaillage…), ou les forestiers travaillant sur les parcelles forestières et intervenant sur les arbres dans lesquels se trouvent les nids. Deux cas :

- Un nid proche est synonyme de risque de piqures multiples (risque collectif). Il est donc nécessaire de réaliser une visite préalable et minutieuse du chantier avant de commencer. S’assurer de l’absence de nid dans une zone d’au moins 10 m de la zone de travail, (car risque de voir un nid bien trop tard lors de l’utilisation d’engins motorisés).

- Des frelons qui butinent des fleurs ou consomment des fruits (pas de nid proche car la visite préalable a été réalisée), le risque devient individuel. Il est cependant important de rester très vigilant en leur présence.

Comment reconnaître un nid ?

Il y a deux types de nids : primaires (de la taille d’une balle de golf) et secondaires (les plus grands, en hauteur dans les arbres). Caractéristiques : sphériques ou ovales, de grande taille (jusqu’à 60 cm de haut), construits en fibres végétales mâchées (cellulose + eau), avec une entrée latérale (et non inférieure comme chez le frelon européen). On les trouve dans :  la cime des arbres, les haies, les bâtiments agricoles ouverts, les hangars ou abris peu fréquentés, les sous toitures, nichoirs…

Attention : il ne faut en aucun cas tenter de détruire un nid secondaire soi-même. Les frelons asiatiques deviennent extrêmement agressifs lorsqu’ils se sentent menacés !

Mesures de prévention à mettre en place

-Surveillance régulière : inspection visuelle des parcelles, des espaces verts, des haies et des bâtiments agricoles ; vigilance accrue au printemps en recherchant des nids primaires souvent construits à hauteur d’homme (période de fondation des nids), et, en fin d’été (période de forte activité). afin de détruire les nids avant le départ des fondatrices.

-Protection des ruchers en cas d’attaque sur ceux-ci (pour un maintien des colonies fortes et en bonne santé) : installation de muselières ou grilles anti-frelons, réduction des entrées de ruches, pose de harpes solaires.

-Sécurisation des chantiers : repérage préalable des arbres, taillis, arbustes avant entretien, élagage, abattage ou cueillette ; sensibilisation des équipes de cueilleurs aux risques notamment avant la cueillette de fruits ; arrêt immédiat des travaux en cas de découverte suspecte.

-Piégeage raisonné : le piégeage de printemps peut être utile s’il est encadré et sélectif afin d’éviter d’impacter d’autres insectes pollinisateurs.

Pour plus d’informations sur le frelon asiatique, les risques, les moyens de lutte, le signalement des nids et leur destruction, il vous est possible de télécharger le document réalisé par la CPHSCT (Commission paritaire d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) Lorraine en collaboration avec les sections apiculture des GDS locaux disponible sur le site de la DREETS Grand Est.
 

Que faire en cas de découverte d’un nid ?

En cas de suspicion ou de découverte d’un nid :

-Ne pas s’approcher ni tenter d’intervenir,

-Prévenir la mairie de la commune concernée, qui pourra baliser le lieu,

-Noter précisément la localisation. Baliser si ce n’est pas fait. Avertir les passants.

-Contacter le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) de votre département ou le GDSA (section apiculture du GDS), le référent local s’il y en a un.

La destruction des nids ne peut être réalisée que par des professionnels certifiés, protégés convenablement, formés et disposant des techniques, du matériel adéquat pour les interventions.