Vendredi 6 février, élus et producteurs du Grand Est se sont réunis à la Charcuterie Pierrat, sur la commune de Le Tholy (88). Cette conférence de presse annonçait la participation imminente de la Région au Salon international de l’agriculture.
Direction la capitale pour les 130 producteurs du Grand Est. Fiers de porter haut les couleurs de la Région, une partie des ambassadeurs de notre agriculture locale s’est mêlée à l’assemblée. Élevage ou transformation, tous les savoir-faire et les traditions de la filière agroalimentaire du Grand Est seront représentés à Paris, du 21 février au 1er mars.
« Venir c’est soutenir »
Cette édition du Salon sera exceptionnelle à plus d’un titre. Crises agricole et sanitaire, travaux sur site et absence des bovins… Les défis sont nombreux, y compris pour l’agriculture régionale. Autant de raisons qui rendent l’accompagnement de la Région indispensable. «Le contexte est particulier» constate Franck Leroy, président de la Région Grand Est. «La DNC a, certes, épargné notre région, mais elle a fortement perturbé le monde agricole, notamment, l’élevage» poursuit-il. Pour des raisons de précautions, les bovins seront donc les grands absents du Salon rappelle-t-il. «Ce Salon intervient aussi dans un contexte international complexe. Des tensions se traduisent par des tarifs douaniers que l’on agite comme des menaces, elles s’ajoutent à l’accord sur le Mercosur, qui inquiète les filières agricoles, en raison de la concurrence déloyale… Viennent s’ajouter les négociations sur le prix du lait, car une part des industries agroalimentaires et de la grande distribution, tient à imposer à l’agriculture des baisses qui ne sont pas tenables» appuie-t-il.
Une crise agricole que souligne également Jérôme Mathieu, président de la Chambre régionale d’agriculture. «Nous ne nions pas cette période de crise.» affirme-t-il. «Mais le Salon est une vitrine et « venir c’est soutenir » les éleveurs, les producteurs et les filières.» Il rappelle la nécessité de cet événement, pour la rencontre entre producteurs et grand public, mais aussi «pour les échanges entre professionnels».
10 ans d’engagement
«Cela fait maintenant dix ans que la Région accompagne ses agriculteurs» souligne Franck Leroy. Agriculteurs et producteurs jouent un rôle important sur le territoire : ils structurent les paysages, participent à l’attractivité touristique et font vivre la ruralité en dynamisant l’économie territoriale. «C’est pourquoi nous nous devons d’être aux côtés de l’agriculture, y compris lors de ce rendez-vous incontournable qu’est le Salon de l’agriculture» souligne le président de Région. Pour illustrer la constance de l’engagement du Grand Est auprès de ses producteurs, il souligne la forte demande rencontrée par le programme Ambition éleveurs. Ce programme va de pair avec l’ambition de la Région de soutenir le renouvellement des générations et «d’installer 500 jeunes chaque année». Un soutien qui s’illustre également par le maintien du budget agricole régional. Le président de la Région Grand Est se félicite de son territoire qui porte «la première agriculture de France». Une fierté mais aussi «une responsabilité» selon lui.
À l’occasion de cette conférence de presse, Franck Leroy a également souligné la qualité du partenariat entre la Région Grand Est et la CRAGE. Point sur lequel l’a rejoint Jérôme Mathieu, son président. «Nous partageons cette volonté de faire Région, sans oublier la diversité des territoires» précise-t-il. Des particularités territoriales qui participent à la richesse régionale : «La Région Grand Est est une petite France au niveau de ses productions» rappelle Jérôme Mathieu.

Cette année, malgré l’annulation des concours bovins, 154 candidats de la Région proposeront 568 échantillons de produits au Concours Général Agricole. © Photo Marion FALIBOIS
Vitrine des savoir-faire
Tout au long du Salon, le stand du Grand Est, mettra en lumière les particularités de chacun de ses terroirs. Afin de porter une image positive des métiers de l’agriculture, chaque département présentera une filière ou un enjeu. Pour la Meurthe-et-Moselle, ce sera l’arboriculture, pour l’Alsace, la culture du houblon, l’élevage porcin et ovin avec la Haute-Marne, l’élevage laitier pour la Meuse, la viticulture pour l’Aube, la sylviculture et l’agroforesterie pour les Vosges. La Moselle abordera la thématique de l’installation et la Marne, la diversité des filières et des métiers agricoles.
Franck Leroy le souligne, le Salon est un événement incontournable. «Il ne s’agit pas de faire la fête, mais de montrer ce dont nous sommes capables» appuie-t-il. «C’est une vitrine pour l’agriculture pendant laquelle les producteurs vont à la rencontre des consommateurs». Il salue d’ailleurs l’implication des producteurs participants à cette semaine, aussi intense en travail que riche en rencontres. Un investissement important, mais dont les retombées sont bénéfiques souligne Stéphanie Pierrat, gérante de la Charcuterie Pierrat et hôte du jour. «C’est une manifestation primordiale en termes d’image pour les entreprises» affirme-t-elle. La productrice y participera pour la 23e année consécutive «c’est une vitrine d’une importance capitale. Les retombées médiatiques sont énormes. Des clients nous découvrent grâce au Salon. Certains viennent même à la boutique, une fois le Salon terminé, au cours d’un séjour dans les Vosges».
Pour mettre en lumière, les savoir-faire de ses producteurs, la Région Grand Est ne lésine pas sur les moyens : avec 1.525 m2 de surface «son stand est parmi les plus grands du Salon» souligne Jérôme Mathieu. L’espace Grand Est, composé de 30 îlots, accueillera les visiteurs sur son stand prestige composé d’une shooting box et animé par les lycées agricoles via des cook shows et des forums. Il saura aussi valoriser les produits et spécialités gastronomiques grâce à son espace restaurant. 65 stands seront tenus par 130 producteurs mobilisés tout au long de la semaine. Malgré le chamboulement suscité par les travaux et la délocalisation au deuxième étage du Hall 7, le président de la CRAGE souligne, avec le sourire, que cette nouvelle configuration «nous rapproche des stands des Outre-mer qui génèrent un trafic important qui peut être bénéfique».



