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Médecine vétérinaire rurale : des pratiques qui attirent

Des étudiants des différentes ENV et des représentants du SNVEL étaient présents pour répondre aux questions des visiteurs du SIA. © Camille COQUET
Des étudiants des différentes ENV et des représentants du SNVEL étaient présents pour répondre aux questions des visiteurs du SIA. © Camille COQUET

Lors du Salon international de l’agriculture (SIA) qui s’est déroulé du 21 février au 1er mars, de nombreux agriculteurs, commerçants et écoles étaient présents. Deux représentants du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) ont évoqué les moyens mis à disposition au sein des écoles afin d’encourager la pratique rurale.

Ana Alkan, chargée de mission jeunes au SNVEL et vétérinaire canin, ainsi que Stéphane Vaxelaire, directeur de cabinet ont tous deux représenté VetAgro Sup, le campus vétérinaire de Lyon. 

La part de rurale dans les écoles

D’après l’observatoire de l’Ordre National des Vétérinaires, en 2024, les quatre Écoles nationales vétérinaires (ENV) regroupent 3.640 étudiants avec une proportion de 76% de filles contre 24% de garçons. Au niveau des filières, les animaux de production représentent 29,1%. Cependant, en comptant les filière mixte animaux de compagnie et de production qui représente 2,2% et mixte équins et animaux de production qui représente 1,3%, la part de ruralité dans les écoles est potentiellement de 32,6%.

De plus en plus d’étudiants se tournent vers la pratique de la rurale. Aujourd’hui, de nombreux dispositifs sont mis en place afin de les encourager dans cette voie. En effet, depuis 2023, le nombre de places dans les promotions a augmenté de vingt places avec de nombreuses possibilités d’accès aux différentes voies du concours telles que le post-bac, le BUT, les licences, les BTS… «Cela contribue à combler le creux de vétérinaires ruraux ressenti dans les années 2015 à 2020 et de diversifier les profils» constate Ana Alkan. 

Des stages en rurale

Une fois l’école intégrée, entre la première et la troisième année d’étude, des stages en cabinet vétérinaire à majorité rurale sont obligatoires, même pour l’étudiant qui ne souhaiterait pas s’orienter dans ce domaine. Au-delà de ce stage obligatoire, la part de rurale fluctue en fonction des écoles. À Lyon par exemple, les étudiants partent en stage obligatoire de deux semaines dans une exploitation laitière, puis ils réalisent un second stage en élevage de monogastriques. «Ces immersions sont importantes, notamment pour les personnes provenant du milieu urbain. Elles permettent de comprendre le fonctionnement des exploitations agricoles et deviennent parfois une vocation pour certain», explique les représentants du SNVEL. 

En sixième année, l’étudiant suit une dominante en fonction de son projet professionnel. Pour la rurale, il y a la possibilité de partir dans un stage tutoré qui permet de réaliser dix-huit semaines réparties entre les cours, dans un cabinet vétérinaire à majorité rurale afin d’acquérir une certaine autonomie. Mais, il est également possible de choisir la filière rurale qui permet la réalisation des stages dans différentes structures afin de diversifier son savoir.

Différentes régions commencent, elles aussi, à mettre en place des aides pour soutenir l’engagement des jeunes dans le rural. «En Auvergne-Rhône-Alpes, les étudiants vétérinaires qui réalisent des stages dans le domaine de la rurale peuvent avoir des aides pour le logement ou les transports. Parfois, ce sont les vétérinaires qui sont accompagnés financièrement afin d’améliorer leurs locaux pour accueillir des stagiaires», explique Stéphane Vaxelaire. 

S’installer à la campagne

Après l’obtention du diplôme, il n’est pas difficile de trouver un travail car, de nombreux cabinets et cliniques recrutent et intègrent les jeunes diplômés. L’État met également en place des aides pour installer des vétérinaires en zones de désertification. C’est le cas avec la loi DDADUE adoptée en 2020 qui comporte plusieurs mesures visant à maintenir le maillage vétérinaire. Onze diagnostics territoriaux ont déjà été réalisés. En fonction du département, il est également possible pour les étudiants, et pour les vétérinaires, d’obtenir des aides de la part des collectivités territoriales. Celles-ci peuvent être pour le financement de stage longue durée ou pour des frais d’investissements. En contrepartie, ils doivent s’engager à soigner des animaux d’élevage dans les territoires ruraux. 

En réalité, le problème ne réside pas dans le nombre de diplômés mais plutôt dans leur répartition. Beaucoup partent pratiquer dans des zones déjà riches en vétérinaires ruraux car, «même avec des aides financières, il est stressant pour les jeunes de s’installer dans une zone pauvre en élevage» explique Ana Alkan. Cela s’explique par la crainte de ne pas disposer d’une clientèle assez stable sur le long terme. Pour y remédier et attirer de futurs diplômés, certains départements touchés par la désertification invitent les écoles à faire de la sensibilisation et à réaliser un week-end afin de revaloriser leur territoire.

Par ailleurs, la répartition des pratiques vétérinaires varie selon les zones. Les vétérinaires spécialisés en animaux de compagnie exercent majoritairement en milieu urbain, les mixtes se situent plutôt en zone périurbaine, tandis que les vétérinaires exclusivement ruraux interviennent en milieu rural. Toutefois, Stéphane Vaxelaire tient à souligner : «Il faut comprendre que ce n’est pas parce que le cabinet est implanté à la campagne qu’il n’y a pas de chiens et de chats à soigner».

Il y a également des tentatives de regroupement de cabinets afin d’optimiser les frais et de mieux s’organiser dans la gestion des secteurs agricoles des régions désertifiées. Cette solution permet de ne pas surmonter seul les contraintes qu’induisent cette pénurie de vétérinaires. «Le sujet le plus préoccupant aujourd’hui est le maintien des vétérinaires», concluent les représentants du SNVEL. 

Répartition des étudiants en 6ème année. © Observatoire de l’Ordre des Vétérinaires
Effectifs déclarant une activité animaux de rente entre 2021 et 2025 © Observatoire de l’Ordre des Vétérinaires