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Mathis Terme : Le “p’tit paysan” derrière l’objectif

«Parce que l’image est source d’émotions», le slogan de Mathis Terme. Photo DR.
«Parce que l’image est source d’émotions», le slogan de Mathis Terme. Photo DR.

Originaire de Moselle, Mathis Terme est photographe-vidéaste, spécialisé dans le machinisme agricole. Il a fait de sa passion son métier.

Mathis Terme n’est pas issu d’une famille d’agriculteurs. «Je suis passionné par l’agriculture depuis que je suis tout petit. La fenêtre de ma chambre donnait sur la ferme voisine, et c’est ainsi que j’ai toujours su que je voulais travailler dans ce domaine».

C’est en regardant des vidéos sur les engins agricoles que Mathis, à son tour, a eu envie de se lancer dans cette activité. «Je filme depuis que j’ai 13 ans. Je prenais mon vélo et j’allais dans les fermes près de chez moi pour créer mes courts-métrages», sourit
Mathis. «J’ai développé mon réseau grâce au bouche à oreille, et de plus en plus d’agriculteurs me demandaient de venir photographier ou filmer leurs équipements». Rapidement, Mathis s’est mis à partager son travail sur internet avec la création de sa chaîne
YouTube “Le p’tit paysan”, il y a dix ans. C’est également par ce nom qu’il se fait appeler sur les réseaux sociaux. «Je ne voulais pas un nom technique mais plutôt simple qui rappelle l’agriculture ; un pseudonyme facile à retenir et ça a fonctionné, c’est
même devenu mon surnom !».

Une formation agricole au service de la vidéo

Après un bac sciences et technologies de l’agronomie et du vivant au lycée agricole de Pixerécourt, Mathis poursuit par un Bts génie des équipements agricoles à Vesoul. En parallèle, il est apprenti au sein du groupe Ackermann, pour lequel il travaillera
pendant deux ans. Par la suite, il intègre son entreprise actuelle, le groupe Kuhn, au poste de photographe-vidéaste. Une manière pour Mathis de combiner ses deux passions : la photo-vidéo et l’agriculture. «Avoir des connaissances en agronomie est un vrai atout pour
savoir saisir le bon moment. Quand je vais filmer chez des agriculteurs, c’est souvent pendant une fenêtre météo favorable à leurs travaux, donc il faut savoir s’adapter à leur rythme et à leurs besoins»,
précise-t-il. En revanche, Mathis se proclame «autodidacte» sur ses compétences de vidéaste.

Les réseaux sociaux apportent de la visibilité

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, Mathis reçoit de plus en plus de retours de la part de ses abonnés. Ce sont principalement des passionnés de machinisme qui le suivent. Chaque réseau social possède un contenu et un public propre : «On me contacte le plus souvent via ma page Facebook, c’est un moyen de faire le lien avec les clients. Sur Instagram et Tik Tok, ce sont des formats plus courts qui plaisent le plus, et souvent aux plus jeunes. J’ai aussi une page LinkedIn qui me permet d’établir un réseau de professionnels du
secteur».

De passionné à auto-entrepreneur

Mathis poursuit son parcours avec ambition : après son Bts, il lance sa propre micro-entreprise. Il y produit des courts-métrages pour Ackermann (durant son apprentissage) et collabore également avec des sociétés de travaux agricoles. Ses clients savent comment
le trouver et se sont diversifiés avec le temps. «J’ai rarement besoin de démarcher des clients. Je travaille essentiellement avec des concessionnaires, des agriculteurs, des instituts techniques, des coopératives, etc. Les demandes sont variées : présentation des activités des entreprises, interviews, démonstrations et promotions d’engins, témoignages clients, etc».

Le vidéaste ne craint pas de sortir de sa zone de confort et de tester de nouvelles choses. «Je suis curieux, j’essaie aussi de m’intéresser à d’autres domaines. Je travaille, par exemple, avec une société de production qui réalise des suivis de chantiers de travaux publics. Ma zone d’exercice s’étend surtout sur la région Grand Est». Dans les projets futurs du jeune homme, il y a une envie de continuer sa vie en double-actif mais aussi de développer sa microentreprise, si l’avenir lui est favorable.

L’évolution du matériel agricole

Au fil des années, Mathis observe l’évolution des tracteurs. Les constructeurs s’adaptent au marché et aux nouvelles demandes. «Les fabricants produisent moins de machines en nombre, mais elles sont plus grosses et de plus en plus technologiques».

Il évoque le salon Agritechnica, le plus important salon en machinisme agricole d’Europe, qui s’est déroulé du 9 au 15 novembre en Allemagne, et auquel il a participé en tant que vidéaste chez Kuhn. «Les nouveautés de l’édition 2025 ont concerné principalement les
engins de très grande largeur. La faucheuse portée Gmd 15030 de Kuhn, avec une largeur de 14,5 m, a d’ailleurs remportée le prix Farm Machine 2026».
Les technologies innovantes concernent surtout l’autonomie des véhicules. «De plus en plus de constructeurs
développent des fonctionnalités relatives au confort d’utilisation et à la simplicité des réglages»
, précise le vidéaste.