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La Grande épicerie générale : au-delà d’une épicerie, un projet collectif et participatif

Éric Grall, président de la coopérative : «Notre communauté grandit d’année en année en parallèle de notre chiffre d’affaires, l’un ne va pas sans l’autre» ! (Crédit photo : J.JORIS)
Éric Grall, président de la coopérative : «Notre communauté grandit d’année en année en parallèle de notre chiffre d’affaires, l’un ne va pas sans l’autre» ! (Crédit photo : J.JORIS)

À Nancy, la Grande Épicerie Générale célèbre, en 2026, dix années d’engagement collectif. Coopérative alimentaire, lieu citoyen et vitrine de l’agriculture locale, la structure s’impose comme un modèle singulier d’économie sociale et solidaire, porté par plusieurs centaines de coopérateurs.

Installée dans le quartier Rives de Meurthe depuis 2020, la Grande Épicerie Générale de Nancy poursuit une trajectoire atypique. Steven Royer, salarié et chef de projet, décrit un espace pensé pour conjuguer commerce et vie collective. « Le site couvre près de 300 m², dont environ 200 m² dédiés à la vente, complétés par une réserve et une salle de 100 m² consacrée à l’administratif, aux réunions et aux animations », décrit-il.

Les rayons proposent une offre diversifiée : fruits et légumes, pâtisserie, vrac, produits secs, hygiène ou boissons. « Environ 75 % des références relèvent du bio, du local ou d’une combinaison des deux. Les boissons proviennent majoritairement d’artisans et de brasseurs lorrains, tandis que cinq maraîchers situés autour de la métropole approvisionnent régulièrement le magasin avec des produits de saison », souligne le jeune salarié.

Des producteurs au cœur du prix

« Le lien direct avec les producteurs constitue un pilier du projet », présente le président de la coopérative, Éric Grall. Steven Royer insiste sur un principe fondamental : les prix naissent d’une estimation réalisée par les producteurs eux-mêmes, en cohérence avec la valeur de leur travail. Cette approche s’accompagne d’une règle simple et lisible pour les consommateurs : une marge unique de 25 % appliquée à l’ensemble des produits.

Cette transparence permet, selon le chef de projet, de proposer des fruits et légumes bio parmi les tarifs les plus accessibles de la ville. Plus de 2.500 références composent aujourd’hui l’assortiment, résultat d’un équilibre entre grossistes engagés et vente directe locale. Le modèle privilégie la coopération, y compris avec d’autres structures similaires. Échanges d’idées, groupes de travail et discussions informelles alimentent une réflexion collective permanente, sans logique concurrentielle.

Une coopérative qui cultive le lien social

« L’expérience de la Grande Épicerie dépasse largement l’approvisionnement alimentaire », explique le président. La coopérative revendique une dimension citoyenne forte, dans laquelle chaque collaborateur participe à la vie du lieu. Ateliers, soirées jeux, formations à la fermentation ou événements de quartier rythment l’année. Le parking adjacent devient régulièrement un espace d’accueil pour friperies, stands thématiques ou rencontres festives.

Cette dynamique attire un public bien au-delà du quartier. Des coopérateurs proviennent de l’ensemble de la métropole nancéienne, mais aussi de communes voisines comme Toul ou Tantonville. Le magasin fonctionne ainsi comme un point de convergence, favorisant les échanges de savoirs, de biens, de services et de matériel au sein d’une communauté active.

Trois casquettes pour chaque coopérateur

Éric Grall, président de la Grande Épicerie Générale, rappelle le fonctionnement coopératif. Toute personne intéressée commence par une réunion d’information d’environ une heure. L’achat d’une ou plusieurs parts sociales, d’une valeur unitaire de 10 €, permet ensuite d’intégrer la coopérative. Quel que soit le nombre de parts détenues, chaque coopérateur dispose du même pouvoir décisionnel.

« La participation repose sur trois dimensions. La première concerne le rôle de sociétaire, impliqué dans la gouvernance démocratique d’une société coopérative d’intérêt collectif. La seconde correspond à une contribution de trois heures toutes les quatre semaines, en magasin ou sur des missions transversales comme la communication ou la comptabilité. La troisième relève du statut de client, avec un accès aux produits et aux services proposés », détaille le salarié.

La coopérative rassemble aujourd’hui près de 400 collaborateurs actifs et plus de 300 collaborateurs de soutien. Ces derniers participent aux assemblées générales et accompagnent le développement des projets sans contribution horaire. En 2025, le Conseil départemental ainsi que la commune de Malzéville ont rejoint cette catégorie. Éric Grall se félicite de cet engagement public, symbole d’une reconnaissance croissante du modèle.

Une dimension d’éducation populaire

Au fil des années, la Grande Épicerie Générale s’est affirmée comme un lieu d’apprentissage. Les enjeux de la distribution, de la gouvernance participative ou de l’impact écologique des produits alimentent des échanges riches et formateurs. Un forum interne facilite la communication entre coopérateurs et encourage l’entraide. Cette approche inscrit pleinement la structure dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

«Au-delà d’un magasin, la grande épicerie générale est un lieu d’échanges et de partage», Steven Royer. (Crédit photo : J.JORIS)