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Finale nationale de labours : labours pluvieux, labours heureux

(De G. à D.) Bertrand Rott, coach, Mathieu Cormoreche, de l’Ain, champion du monde à plat et Raphaël Ramond, président du jury national de labours. © Marion FALIBOIS
(De G. à D.) Bertrand Rott, coach, Mathieu Cormoreche, de l’Ain, champion du monde à plat et Raphaël Ramond, président du jury national de labours. © Marion FALIBOIS

Le dimanche 13 septembre s’est déroulée la 72e finale nationale de labours. Après s’être démarqués lors des échéances régionales, les meilleurs laboureurs de France ont démontré leur savoir-faire en cette dernière journée des Terres de Jim.

Il y a onze ans, la finale nationale de labours s’était déjà tenue en Moselle. Mais, pour cette deuxième occurrence, force est de constater que les Jeunes Agriculteurs du 57 se sont dépassés. Avec une affluence record, au milieu des nombreuses animations proposées sur site, la finale nationale de labours permettait au grand public de découvrir un des fondements du métier d’agriculteur : cultiver la terre.

Des racines historiques 

«Qui dit concours de labours, dit également fêtes agricoles organisées par les Jeunes Agriculteurs. Toutes ces manifestations jouent un rôle essentiel» souligne Raphaël Ramond, président du jury national de labours. Pour les représentants syndicaux des Jeunes Agriculteurs, ces festivités sont l’occasion de rencontrer les élus du territoire et les responsables politiques pour leur faire part des attentes de la profession. Véritable vitrine du métier auprès du grand public, les finales de labours font aussi rayonner le savoir-faire agricole dans chaque département. «Elles permettent de faire comprendre la réalité de l’agriculture» complète l’intervenant. 

Les concours de labours prennent racine dans les cantons. Avec plus de deux cents concours cantonaux et soixante finales départementales, les concours de labours participent au dynamisme du monde rural. «Dans certains départements nous pouvons compter plus de quarante participants. Nous devons préserver cet engouement» souligne Raphaël Ramond avant d’appeler à «communiquer davantage sur le labour de compétition auprès des jeunes. Car c’est une formidable école de précision, de rigueur, de transmission et de savoir-faire agricole» soutient le représentant du jury national.

Les français au sommet

Si les Terres de Jim étaient l’occasion pour les meilleurs laboureurs de France de se mesurer, le savoir-faire national s’est aussi démarqué aux niveaux européen et mondial. «Il y a un mois, se déroulait le championnat d’Europe de Labours en Suisse où Yves Thievon, de l’Ain, a décroché une très belle deuxième place et Mickael Delacroix du Doubs qui termine à la sixième place» salue le président du jury national. 

Début septembre, en Croatie, s’est tenue la finale mondiale de labours. La France était représentée par deux concurrents : Thomas Debes, du Bas-Rhin, qui est arrivé à la onzième place pour le labour en planches et Mathieu Cormoreche, de l’Ain, qui a été sacré champion du monde à plat. «Il devient ainsi le quatrième Français à décrocher un titre de champion du monde de labours» souligne Raphaël Ramond. Une fierté nationale qui ouvrira la voie à de nouvelles graines de champions à n’en pas douter.

Un moment d’émotion

Au total, cette année, près de 2.000 concurrents se sont inscrits à des concours de labours à travers toute la France. Les dix finales régionales ont rassemblé un total de cent vingt participants. Âgés de seize à trente-cinq ans, les compétiteurs ont tous en commun «l’amour de la terre et du travail bien fait».

Le labour de compétition consiste à réaliser des sillons réguliers, bien retournés et visibles sur toute la longueur. Selon le règlement porté par France Labour, «le labour doit être à relief arrondi, à émiettement régulier, sans grosses mottes et sans crevasses afin de pouvoir présenter un travail favorisant la réalisation d’un bon lit de semence». Une tâche qui demande donc rigueur et précision et qui dépend fortement des réglages du matériel, du type de sol et, surtout, du degré d’humidité de ce dernier. «Cette année, les conditions étaient extrêmes» souligne Raphaël Ramond. «En soixante-douze ans de concours de labours, je pense que nous n’avons jamais connu des conditions aussi difficiles avec la sécheresse» appuie le président du jury. Et, en effet, la dureté des sols a compliqué la tâche aux laboureurs. Certains ont même été déclarés forfaits en raison de la casse de leur matériel.

Après trois jours de concours acharné, les meilleurs laboureurs ont été récompensés. Sur la scène, l’émotion est palpable, les concurrents attendent impatiemment le verdict du jury. Et c’est sous la pluie tant attendue que l’annonce des vainqueurs a été prononcée. Après des mois de sécheresse et de compétition, c’est entre les larmes et des cris de joie que les vainqueurs ont reçu leurs lots. 

Il est maintenant temps pour les laboureurs de France de regagner leurs villages et de commencer à préparer les prochaines sélections pour la soixante-treizième finale nationale qui se déroulera dans la Creuse, en 2027.

 

Les résultats de la finale nationale de labours :

> Retrouvez en détails le classement pour l'édition du concours national de labour en planche et le concours national de labour à plat à Terres de Jim 2026