À Damelevières, la séance d’hiver du Comice de Lunéville a rassemblé agriculture, territoire et citoyens dans une ambiance chaleureuse. Entre démonstrations, messages politiques et transmission intergénérationnelle, la manifestation a rappelé la place centrale du monde agricole dans la souveraineté alimentaire et la vitalité «rurbaine».
Dès l’ouverture du comice d’hiver à Damelevières, vendredi 13 février, la convivialité dominait. Christophe Sonrel, le maire, a salué une manifestation «portée par la bonne humeur», soulignant une fréquentation croisée entre habitants du territoire, à l’occasion
de la fête du Lilas, et professionnels agricoles pour le comice de Lunéville. Cette diversité du public a favorisé des découvertes réciproques, renforçant le dynamisme du comice et la valorisation des savoir-faire locaux. L’élu a rappelé le caractère «rurbain» de
la commune et l’importance d’un soutien clair aux équipes municipales face aux enjeux agricoles actuels, qualifiés de combat juste et pragmatique, dans un secteur unique où «la vente à perte reste autorisée par la loi».
Une actualité agricole sous tension
Didier Bourdon, le président du Comice, a dressé un état des lieux sans détour. L’actualité agricole traverse une période dense et préoccupante. «L’accord du Mercosur fragilise la souveraineté alimentaire, tandis qu’une vigilance accrue s’impose sur les prix
du lait, souvent tirés vers le bas sous prétexte d’une hausse mondiale de la production». Le président du comice a insisté sur un besoin fort de reconnaissance et d’appui politique. Il a également remercié l’ensemble des partenaires dont l’engagement collectif
a construit la réussite de l’événement.
Traditions, patrimoine et démonstrations
La rétrospective proposée par Vincent Jeanpierre a rythmé la soirée. Défilés de tracteurs, majorettes, fanfares, trompes de chasse du Grand-Duché de Nancy et présentation des animaux ont illustré la richesse du comice. «Le public a découvert le clippage, véritable esthétique bovine, la tonte de moutons réalisée par le tondeur Arnaud, ainsi que des démonstrations de battage, de sciage et de travail du bois», résume l’intervenant. L’animation assurée par Bruno Nonotte a renforcé le lien entre traditions agricoles et curiosité citoyenne. Robert Landre a complété cette immersion par un retour sur l’histoire ferroviaire locale, rappelant l’ancrage industriel du territoire.
Transmission et jeunesse au coeur du projet
Le député Thibault Bazin a établi un parallèle entre héritage ferroviaire et héritage agricole, invitant chacun à connaître l’histoire pour mieux la respecter. «Face aux idées fausses diffusées sur les réseaux sociaux, l’information du grand public demeure essentielle»,
souligne l’élu. La salle comble a symbolisé une grande famille agricole réunie pour échanger sur les productions et les métiers. La transmission, pilier du comice, a trouvé un écho particulier auprès des jeunes, décrits comme porteurs de passion, d’ambition et d’un
combat commun pour le développement territorial. Didier Bourdon a rappelé que la vitalité du comice repose largement sur l’implication de cette jeunesse. Des chèques remis à neuf jeunes éleveurs ont salué leur engagement, tout comme des plaques destinées aux éleveurs et à la commune. Une enveloppe spécifique a facilité la participation des animaux grâce à la prise en charge de la vaccination. Des remerciements appuyés ont également visé Marie-Christine Jeanpierre pour son soutien logistique.
Souveraineté alimentaire et fierté agricole
Nicolas Petitjean, vice-président de la Cda 54, a insisté sur le lien essentiel entre comice et population. «La valorisation des fermes met à l’honneur femmes et hommes qui nourrissent le pays, souvent oubliés derrière l’abondance des rayons», regrette-t-il. Selon lui, l’absence de souveraineté alimentaire conduit à une vulnérabilité accrue, alors même que la France figure parmi les premiers importateurs mondiaux. «L’investissement des jeunes dans le défi alimentaire apporte toutefois des raisons d’espérer et d’assumer une
fierté professionnelle renouvelée».
Michel Marchal, pour le Conseil départemental, s’est réjoui de retrouver un public nombreux. Il a rappelé que l’agriculture française compte parmi les plus respectueuses de l’environnement et que le comice, aventure ancienne, sert de vecteur de vulgarisation.
«S’imprégner du passé permet ainsi de bâtir l’avenir», conclut-il. Le prochain comice se déroulera à Vattiménil, avec la même ambition : transmettre, expliquer et célébrer l’agriculture, chaque jour, dans l’esprit comice.



