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Salon de l'herbe et des fourrages : une inauguration sous le signe de l’innovation

L’inauguration du salon s’est déroulée le 20 mai en présence desélus locaux, organisateurs et représentants agricoles. © Marion FALIBOIS
L’inauguration du salon s’est déroulée le 20 mai en présence desélus locaux, organisateurs et représentants agricoles. © Marion FALIBOIS

Depuis plus de vingt-cinq ans, le Salon de l’herbe est un rendez-vous incontournable pour les agriculteurs. Sa dernière édition s’est tenue, dans les Vosges, les jeudi 20 et vendredi 21 mai, sur le champ de foire de Poussay.

À cette occasion, organisateurs, partenaires, élus locaux, représentants syndicaux et OPA se sont retrouvés, le jeudi en fin de matinée, afin de célébrer le lancement de l'événement. Serge Renaux, maire de Poussay s’est félicité d’accueillir ce salon «qui démontre, avec notre foire d’automne, que Poussay est une terre d’accueil pour l’agriculture.»

Un magazine à ciel ouvert

«Ce que nous essayons de faire sur le Salon de l’herbe, est l’équivalent d’un magazine dans les champs» annonce Frédéric Bondoux, commissaire général du salon et président de Profield events group, société organisatrice à l’origine de l’événement. Ce salon a donc pour ambition de rassembler «sur une allée unique, tous les produits qu’utilisent les éleveurs, du sol jusqu’à la gueule de la vache. Aussi, nous sommes l’un des rares salons agricoles à représenter tous les semenciers. La plupart des grands acheteurs et coopératives agricoles de France viennent systématiquement au Salon de l’herbe pour faire leur référencement, ce qui situe son niveau de performance» complète Frédéric Bondoux.

En effet, le salon impressionne par son nombre de références : 160 marques sur trente hectares, dont deux hectares de vitrines fourragères. Semences, machinisme, techniques, entre les stands des exposants et les conseils apportés par les techniciens lors des conférences, les exploitants agricoles bénéficient le temps d’une journée d’un regard à 360 degrés sur les cultures herbagères et fourragères. Jérôme Mathieu, président des Chambres d’agriculture des Vosges et du Grand Est l’a rappelé : «le Salon de l’herbe a pour ambition d’aller de bout en bout de la chaîne de valeur de la production des fourrages». Profils de sols, variétés, pâturage, récolte, conservation, alimentation, sont autant de sujets auxquels ce salon à ciel ouvert est consacré. «L’herbe est les fourrages y sont abordés dans leur globalité» souligne-t-il. Il rappelle également que «les cultures herbagères et fourragères sont les principales cultures de la région Grand Est». Les agriculteurs qui le souhaitent peuvent donc retrouver en un seul et même lieu toutes les nouvelles machines et techniques qui leur permettent de faire évoluer leurs pratiques.

Au-delà des stands, un chapiteau de l’espace conseil abritait une série de conférences, délivrées tout au long des deux jours. De nombreux apprenants de l’enseignement agricole et exploitants ont profité de l’intervention des conseillers et experts pour prendre du recul et se perfectionner dans leur gestion de la culture herbagère.

De la graine à la ration

Pour que le site prenne forme, les équipes de la Ferme de Braquemont, site pédagogique du Campus de Mirecourt, préparent le terrain en amont. «Tout part d’un champ labouré. Ensuite, les plans sont dessinés, les emplacements réservés et les vitrines semées» explique l’organisateur. 

Pour l’organisation comme pour les agriculteurs, tout commence par le sol. Pour mieux connaître son potentiel, les équipes d’Arvalis proposaient d’observer un profil pédologique : «Ce que nous souhaitons, c’est aider les agriculteurs à tirer le meilleur parti de leur sol en adaptant leurs pratiques». Réserve utile, enracinement, stabilité, porosité, matière organique, rôle de la biodiversité, le sol est le principe même de toute culture, rappelle le président des chambres du Grand Est : «sans sol et sans terre agricole rien n’est possible».

Sujet aussi nécessaire, la gestion de l’eau était abordée sur le stand de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse qui présentait «le plan herbe». «L’idée est de regrouper l’ensemble des acteurs du territoire pour mobiliser tous les moyens possibles pour faire en sorte que les surfaces en herbe restent en place, et de soutenir les projets qui vont en ce sens. Le but est de faire en sorte que les éleveurs en système herbager avec de plus en plus d’autonomie alimentaire vivent bien de leurs produits en travaillant à la mise en place de nouvelles filières « à l’herbe »» explique Philippe Goetghebeur, chef de service.

Les équipes de la Chambre d’agriculture des Vosges tenaient également un stand sur le sujet de l’agroforesterie. «Nous accompagnons les agriculteurs et les collectivités sur le sujet de l’agroforesterie» explique Thomas Lacroix, conseiller agroforesterie et arbres champêtres à la CRAGE. Sur le stand, l’agroforesterie est abordée sous l’angle de l’expérimentation, mais aussi de la production «l’arbre peut-être une ressource nutritionnelle pour les animaux. C’est aussi une ressource en bois, pour gagner en autonomie sur les exploitations, lorsqu’il est utilisé sous forme de plaquette bois pour le paillage».

Jérôme Mathieu précise «le Salon de l’herbe et des fourrages est mis en place par de nombreux partenaires dont font partie les chambres d’agriculture du Grand Est» rappelle-t-il. «Quatre-vingt-dix techniciens et experts se trouvent dans l’espace conseil pour renseigner les professionnels qui souhaitent se renseigner sur la culture de l’herbe». Selon le président des chambres d’agriculture du Grand Est, le Salon de l’herbe est un incontournable, aussi parce qu’il rend compte de la recherche et développement menés sur la culture de l’herbe et des fourrages. «Il est important de poursuivre les travaux de recherche qui nous permettront de répondre aux enjeux du changement climatique» insiste-t-il. Dans la continuité de cette réflexion, le président rappelait la nécessité des travaux sur la gestion de l’eau «la gestion et le stockage de l’eau peuvent nous aider, voire nous sauver. Car derrière l’herbe et les fourrages on retrouve l’élevage, les agriculteurs et l’économie et les emplois que leur production génère sur nos territoires.». Des sujets d’autant plus prégnants qu’une dizaine de jours auparavant, la région Grand Est accueillait la conférence régionale sur la souveraineté alimentaire. «Pour œuvrer à cette souveraineté alimentaire, il nous faut continuer de produire et de nombreuses pistes doivent encore être explorées pour nos élevages laitiers, allaitants, ovins caprins mais aussi, porcins et volaille». Enfin, Jérôme Mathieu se félicite d’accueillir ce salon qui met en lumière «l’herbe et les fourrages, qui sont une production d’avenir. Car, produire de l’herbe et la valoriser ne signifie pas revenir en arrière mais justement aller de l’avant».

 

L’édition 2026 affichait une belle affluence. © Marion FALIBOIS
Les impressionnantes démonstrations de machinisme permettaient de découvrir les dernières avancées technologiques dans la récolte de l’herbe. © Marion FALIBOIS