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Maïs 2025 : une plus faible pression mycotoxines, mais de la disparité

2025, une année avec globalement peu de risques mycotoxines. Photo : H.Flamant
2025, une année avec globalement peu de risques mycotoxines. Photo : H.Flamant

Les résultats obtenus (191 analyses à date) issus de l’Observatoire multi-partenarial des mycotoxines sur l’ensilage de maïs 2025 révèlent une pression mycotoxines plus modérée par rapport à la saison 2024, avec cependant des variabilités régionales mises en évidence.

La saison 2025 a été une année chaude et sèche pour le maïs ensilage. Réalisé tôt, les semis ont été suivi d’une période chaude, avec peu d’eau. Les températures élevées de juin ont fortement accéléré le cycle du maïs, avec des floraisons autour du 20 juin pour certaines zones. La pluie de fin juillet a permis de réduire l’avance qu’avaient les maïs ensilage et a assuré la fécondation dans certains secteurs en manque d’eau (Pays de Loire, Centre, Bretagne).

Les ensilages ont débuté mi-août pour les zones les plus chaudes. Deux épisodes de canicules, en juin et en août, ont eu un impact significatif sur les rendements dans les régions déficitaires en précipitations et aux sols à faibles réserve utile. L’eau de fin juillet a permis de "sauver" une partie des récoltes, mais a accentué en parallèle le risque fongique. Contrairement à la saison passée, les calendriers de récolte ont pu être respectés pour la grande majorité des ensilages.

Un suivi approfondi en 2025

En 2024, l’Observatoire des mycotoxines avait mené une étude exploratoire en recherchant une dizaine de mycotoxines supplémentaires sur une partie des échantillons collectés. Cette étude a mis en évidence la pertinence de la recherche systématique des Trichothécènes A (Toxines T-2 et Ht-2) et des Fumonisines, réalisées donc en 2025, en complément des autres toxines de Fusarium déjà recherchées : Don, Nivalénol (2 Trichothécènes B) et Zéaralénone. La provenance des échantillons analysés a également été élargie cette année, avec une meilleure couverture territoriale grâce au développement des partenariats au sein de l’Observatoire.

Carte des entreprises de conseil en élevage partenaires de l’Observatoire.

Au niveau national, les niveaux médians de contamination des échantillons analysés en 2025 sont globalement inférieurs à ceux de 2024 (Don = 279 ppb vs 948 ppb ; Nivalénol = 0 sur les deux saisons ; Zéaralénone = 17 ppb vs 108 ppb ; T-2/Ht-2 = 20 ppb ; Fumonisines =0 ppb). Cette année se caractérise donc par un plus faible risque et une pression mycotoxique moindre. De plus, le pourcentage
d’échantillons dépassant les repères zootechniques bas est réduit (34 % pour le Don, 12 % pour le Nivalénol, 8 % pour la Zéaralénone, 17 % pour T-2/HT-2 et 2 % pour les Fumonisines).

Des ensilages étalés en Grand Est

Au niveau du Grand Est, « 2025 n’est globalement pas une année à risque », indique Jérôme Larcelet, consultant nutrition chez Seenorest, et co-animateur de l’Observatoire des mycotoxines. La particularité de l’année, sur la région ? « Les ensilages se sont étalés du 15 août à début novembre pour les parcelles où des resemis ont été réalisés en juin. Pour les parcelles ensilées avant le 10 septembre, les analyses
sont bonnes. Pour les ensilages réalisés après le 15 septembre, il faut rester vigilant et bien les faire analyser »
, recommande le consultant. Les valeurs médianes sont plus faibles : « pour les Don, la moyenne est 520 ppb contre 1.128 en 2024 et nous n’avons pas de Zéaralénone et de Nivalénol ».

La bonne année fourragère a incité les éleveurs à récolter une partir en maïs grain humide ou maïs épi, qui seront valorisés en élevage. « J’ai le cas d’un exploitant qui n’avait pas de mycotoxines dans son ensilage de maïs, mais qui en avait dans sa ration à l’auge. Après analyse, il s’est révélé que ça venait du maïs grain ». Jérôme Larcelet appelle à la vigilance : « le risque mycotoxines peut venir de l’addition
des produits ».

En conclusion : pour cette année, peu de risque pour les ensilages précoces, vigilance pour les ensilages plus tardifs. « Les mycotoxines sont influencées par le climat. Plus on ensile tôt et moins il y a de risques. Cela veut aussi dire qu’il faudra faire évoluer le choix variétal pour pouvoir ensiler tôt », souligne Jérôme Larcelet.