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La FNPL veut un prix du lait rémunérateur

(De G. à D.) Ludovic Blin, VP FNPL, Yohann Barbe, président FNPL et Pascal Clément, président de section laitière FRSEA de l'ouest - Space 2026. © Actuagri-CS
(De G. à D.) Ludovic Blin, VP FNPL, Yohann Barbe, président FNPL et Pascal Clément, président de section laitière FRSEA de l'ouest - Space 2026. © Actuagri-CS

Sur le Salon mondial de l’élevage à Rennes (SPACE), la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a réclamé une hausse du prix du lait pour pérenniser les exploitations et la production. 

« Avoir du fourrage mais aussi un avenir et donc un prix du lait plus rémunérateur pour nous permettre d’investir et de transmettre nos exploitations ». Telle pourrait être résumée la demande de la FNPL, qui s’est irritée le 16 septembre sur le SPACE de Rennes du peu d’entrain que l’aval met à payer correctement la tonne de lait aux producteurs. « Il nous manque clairement 300 euros par vache laitière, ce qui correspond, pour 10 millions de têtes, à trois milliards d’euros. Rien que pour acheter du fourrage et préserver notre cheptel », a expliqué Yohann Barbe, président de la FNPL.

Même s’il s’attendait à des annonces décevantes, il a égratigné au passage le plan de sauvegarde de l’agriculture annoncé par le Gouvernement à hauteur d’1,3 milliard d’euros : « Un plan CASI* rien du tout », a-t-il raillé. La FNPL n’a pas été tendre non plus avec l’Indemnité de solidarité nationale (ISN), qui remplace partiellement l’ancien système des calamités agricoles. « Cette réforme n’est pas au rendez-vous », a-t-il dit se demandant « qui va réellement en bénéficier ? » Dans son viseur : le satellite Airbus. C’est en effet, à partir des données et de l'imagerie des satellites d'Airbus qu’est calculé l’indice de production des prairies (IPP) qui sert de base officielle pour évaluer les pertes de pousse de l'herbe et déclencher l’ISN en cas de sécheresse. « Cependant, Airbus ne prend en compte que la pousse positive de l’herbe. Quand l’herbe ne pousse plus, le système s’arrête de compter. Là est la faille. » Or, le système des calamités agricoles prenait en compte la pousse négative, c’est-à-dire le moment à partir duquel les éleveurs commençaient à s’approvisionner dans les stocks de fourrage. 

« 40-60 euros » 

La FNPL, déçue du manque de perspectives qu’offre le plan CASI, l’est tout autant quant à l’aide engrais. « Certes, elle est passée à 350 euros mais ça ne va pas ramener des finances supplémentaires dans les cours de ferme », a tranché Yohann Barbe.

Quant au GNR, il faut « au moins 500 euros de plus pour être au même niveau que l’an dernier », a-t-il ajouté.

Comme si les motifs d’insatisfaction et d’inquiétude n’étaient pas assez nombreux, s’ajoute la baisse du prix du lait. Celui-ci, payé environ 445-450 euros/1 000 litres en début d’année, a perdu, selon les collecteurs, entre 40 et 60 euros. Or les coûts de production, depuis le blocage du détroit d’Ormuz, ont dépassé les 480 euros/1 000 litres. « Si on avait ces 40-60 euros, on pourrait acheter du fourrage et passer ce cap difficile. En réalité, pour que nous puissions bien vivre, il manque 100 euros/1000 litres », a souligné Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL. Réclamant que l’ensemble de la filière « joue le jeu », le syndicat des éleveurs laitiers demande que le gouvernement exonère tous les stocks fourragers en cours et à venir de taxes fiscales ; qu’il mette en place, « pourquoi pas avec les régions », des dispositifs pour accélérer l’adaptation des bâtiments d’élevage. « Il faut aussi permettre le stockage de l’eau « multiusages » sur les exploitations, avancer plus vite sur la réutilisation des eaux usées traitées (Reut) ainsi que sur la recherche variétale et la génétique animale », a insisté Yohann Barbe. 

(*) Climat, adaptation, sécheresse, incendies