Mardi 7 juillet, le GAEC des Blondes, à Chazelles-sur-Albe (54), a reçu la conférence de presse de présentation de l’édition 2026 du salon Agrimax, qui se tiendra du 28 au 30 octobre. Cette année, les organisateurs ont choisi de mettre en avant la race Blonde d’Aquitaine.
L’édition 2025 d’Agrimax reste dans les mémoires, l’organisation avait été compliquée par le contexte sanitaire, l’évènement s’était tenu sans bovin. Le salon revient, en 2026, «avec une nouvelle ambition», selon Patricia Stalder, la directrice adjointe du parc des expositions de Metz. Objectif : atteindre 22.000 visiteurs, contre 15.000 en 2025.
Parmi les évolutions, l’implantation du salon sera modifiée, «pour accueillir plus de bovins». Au total, près de 700 bovins, 300 ovins et 900 spécimens d’aviculture sont attendus. Avec, en tête d’affiche chez les bovins, la race Blonde d’Aquitaine, dont le concours régional se tiendra le jeudi, avec la présence d’une cinquantaine d’animaux (lire par encadré). «L’association Ambition Grand Est Élevage Europe (AG3E) est coorganisatrice et coordonne les concours, qui font la force du salon», souligne Patricia Stadler. La Chambre d’agriculture Grand Est, le Département de Moselle, l’Euro-Métropole de Metz, la Région Grand Est et le Sommet de l’Élevage demeurent des partenaires stratégiques d’Agrimax.
«Nous devons être fiers d’être éleveurs. Notre métier a des atouts à faire valoir, nous sommes une solution au réchauffement climatique, notamment nos prairies. Nous ne pouvons pas nous priver d’élevage», martèle Stéphane Ermann, président de la Chambre d’agriculture de Moselle, et vice-président d’AG3E, qui souligne la qualité des concours, «qui font d’Agrimax le troisième salon français de l’élevage aujourd’hui», et insiste sur l’ouverture européenne permise par la situation transfrontalière de la région.
Les femmes à l’honneur
En 2026, le pôle énergies continue de prendre de l’ampleur. Nouveauté de cette édition : un espace “startups”, en partenariat avec la Ferme digitale, qui se veut être une véritable vitrine des innovations technologiques qui répondent aux grands enjeux du monde agricole : performance, sécurité et numérique. «Ce pôle numérique est une évidence. L’agriculture utilise les nouvelles technologies depuis longtemps, il faut le faire savoir pour attirer les jeunes vers nos métiers», insiste Stéphane Ermann.
Alors que 2026 a été proclamée «année internationale des agricultrices », la quinzième édition d’Agrimax mettra à l’honneur les femmes en agriculture. À travers une série de portraits, réalisés en partenariat avec l’agence Jeune Pousse, et diffusés sur les réseaux sociaux d’Agrimax, les organisateurs donnent la parole à celles qui font vivre et évoluer le monde agricole. Et durant le salon, une table ronde réunira les femmes interviewées, avec un objectif, «encourager les jeunes femmes à se lancer dans les métiers agricoles».
Dans le même état d’esprit, l’invité du salon est cette année une invitée : Perrine Raymond, ambassadrice de l’agriculture sur les réseaux sociaux. Fille d’éleveur, pédicure bovins de métier, elle partage au quotidien sa passion pour l’élevage, le monde rural et l’agriculture.
L’emploi sera un autre temps fort de l’évènement. L’ANEFA Lorraine et l’APECITA font stand commun, et proposent un programme riche sur les trois journées : forum “Trouve ta voie dans les métiers de la nature et du vivant”, visites guidées “découvrir les métiers du monde de l’agriculture”, et divers ateliers d’échanges “Parlons emploi”, “Les nouvelles générations au travail”, “Découvrez votre profil de personnalité et affinez votre projet professionnel”.
La Blonde d’Aquitaine à l’honneurInstallés à Chazelles-sur-Albe, Nicolas Breton et Céline Wehrung sont à la tête d’un troupeau de 150 mères allaitantes. Une race héritée d’une tradition familiale, dont Nicolas Breton, président du syndicat Grand Est de la Blonde d’Aquitaine, est un fervent défenseur. «Je suis né à Chazelles-sur- Albe, j’ai repris l’exploitation derrière mon père, je suis la cinquième génération», confie Nicolas Breton. Dans les années 80, son père et son oncle produisaient 160.000 litres de lait et conduisaient, en parallèle, un troupeau de vaches allaitantes. «Ils ont testé différentes races avant de choisir définitivement la Blonde d’Aquitaine», confie l’éleveur. En 1994, les associés ont choisi d’arrêter le lait pour se consacrer à l’élevage allaitant. Nicolas s’est installé en 2005, en reprenant une exploitation à Foulcrey. Céline l’a rejoint en 2014, au départ en retraite du père de Nicolas. Le couple évoluait sur deux exploitations avant de créer le GAEC des Blondes, en 2023. Aujourd’hui, la ferme s’étend sur 200 ha 100 % en prairies naturelles, répartis entre Foulcrey et Chazelles-sur-Albe. Douze éleveurs en concours Le troupeau, de 150 mères allaitantes et 9 taureaux de monte naturelle, est conduit en système naisseur. «Les mâles partent en broutards entre sept et neuf mois, et les femelles sont vendues à un an, soit pour la reproduction, soit en engraissement». L’alimentation est composée à 97 % d’herbe, sous forme d’enrubanné, de foin et d’ensilage. Les vêlages sont normalement concentrés entre février et avril, «mais nous avons d’importants décalages suite à l’épisode de FCO». Nicolas est depuis peu président du syndicat Grand Est de la race. Blonde d’Aquitaine, «une jeune race reconnue seulement depuis 1962, selon Nicolas Breton. Elle est née de la fusion de trois rameaux : la race Garonnaise, plus trapue, la Pyrénéenne, plus petite et plus laitière, et la Quercy, avec une robe plus claire». La Blonde d’Aquitaine, avec un effectif de 420.000 vaches, est aujourd’hui la troisième race allaitante française. Nicolas Breton énumère ses qualités : fine, longue, qui vêle facilement, qui s’adapte bien à la chaleur, et qui présente un bon rendement viande… Le syndicat compte une vingtaine d’élevages sur la région. Douze d’entre eux, dont deux nouveaux, et un élevage du Luxembourg concourront le jeudi 29 octobre, sur le ring du salon Agrimax. Nicolas Breton a lui-même prévu de se rendre à Metz avec six animaux. «Je ne suis pas féru de concours, ce sont nos enfants qui nous y ont poussés», sourit Nicolas. Le syndicat réfléchit à proposer, en parallèle, un concours avec quatre à cinq vaches bouchères, pour la promotion de la race. «Il n’existe pas de filière locale sur la région. Les animaux doivent être abattus dans le nord de la France ou à Lyon pour être reconnus», regrette Nicolas Breton, pour qui «avant de vendre de la génétique, nous vendons de la viande». Un technicien de la race sera, par ailleurs, présent tout au long du salon.
Nicolas Breton, Céline Wehrung et leurs enfants avec le taureau Tango. Photo : H.Flamant. |





