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Mieux vaut prévenir que guérir

Une seule plante peut produire en moyenne 3.000 graines qui ont une longévité de dix à trente ans, ce qui peut la rendre assez concurrentielle des cultures
Une seule plante peut produire en moyenne 3.000 graines qui ont une longévité de dix à trente ans, ce qui peut la rendre assez concurrentielle des cultures

Depuis 2017, Fredon Grand Est est chargée par l’Agence régionale de santé de piloter le plan d’actions et de coordonner la lutte contre l’ambroisie dans le cadre du plan régional santé environnement. Hautement allergène, cette plante représente un véritable risque pour la santé humaine mais porte aussi atteinte à l’agriculture et à la biodiversité.

L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante annuelle invasive dont le pollen est très allergisant. En pleine progression et densification en France, l’ambroisie remonte en Grand Est depuis la Bourgogne-Franche-Comté, le long des axes routiers, et à la faveur des déplacements des machines agricoles ou de fauchage et du transport de sols ou de semences contaminées.

C’est le moment d’agir, avant que son contrôle ne devienne trop difficile, voire impossible, comme c’est déjà le cas dans certaines régions de France. Des arrêtés de destruction obligatoire sont en vigueur pour chacun des départements du Grand Est.

Un enjeu pour la santé humaine

La gestion de l’ambroisie représente un véritable enjeu de santé publique. Une très faible quantité de pollen (5 grains/m³) suffit à déclencher une réaction allergique. Les symptômes (rhinite, conjonctivite, asthme, eczéma…) apparaissent plus tardivement que les habituels rhumes des foins en raison de sa floraison tardive. Elle débute généralement vers la mi-août et peut se prolonger jusqu’en octobre.

Un enjeu pour l’agriculture

L’ambroisie colonise les milieux perturbés par l’Homme et constitue de ce fait une problématique pour de nombreux acteurs : gestionnaires de bords de routes, collectivités, particuliers mais aussi professionnels agricoles, pour qui l’impact économique peut être considérable. Perte de rendement (20 à 70 %), semences non conformes, salissure durable des terres sont autant d’impacts négatifs liés à la propagation de cette plante venue d’Amérique du Nord.

Une seule plante peut produire en moyenne 3 000 graines qui ont une longévité de 10 à 30 ans, ce qui peut la rendre assez concurrentielle des cultures. On la retrouve souvent dans les grandes cultures, surtout celles de printemps dans lesquelles elle pousse facilement car leurs cycles sont synchrones. C’est notamment le cas pour le tournesol qui appartient à la même famille botanique que l’ambroisie (Astéracées). Une note à destination du milieu agricole est disponible sur le site de Fredon Grand Est.

Un plan d’actions régional contre cette plante : surveiller, prévenir, agir

Dans le cadre du plan régional santé environnement, l’Agence régionale de santé a chargé Fredon Grand Est, depuis 2017, de piloter le plan d’actions et de coordonner la lutte collective contre les ambroisies. Renouvelé pour la période 2024-2026, ce plan d’actions continue de s’appuyer sur les acteurs concernés des collectivités, des gestionnaires d’espaces et de linéaires, ainsi que du monde agricole, notamment par un réseau de référents. Pour plus d’informations sur le plan d’actions, il est possible de consulter le site internet de Fredon Grand Est.

L’établissement est à la disposition des agriculteurs pour les accompagner sur le diagnostic et les moyens de lutte à mettre en œuvre. Pour toute suspicion ou découverte, il suffit d’adresser un mail avec des photos de la meilleure qualité possible à Fredon Grand Est, qui reprendra contact pour confirmer le diagnostic.

Chacun peut également signaler la présence de la plante sur la plateforme nationale de signalement de l’ambroisie www.signalement-ambroisie.fr. Pour tout contact : 03 26 77 36 70 ou eesh@fredon-grandest.fr.

 

Comment reconnaître l’ambroisie ?

Feuilles
Les feuilles, larges et opposées à la base des tiges, deviennent plus étroites et alternes vers le sommet. Elles sont minces et très découpées. Elles sont vertes sur les deux faces, ce qui permet de la différencier de l’armoise commune, dont la face inférieure des feuilles est blanchâtre. Elles ne présentent pas d’odeur particulière quand on les froisse.

Tige
La tige est très ramifiée à la base, donnant à la plante un port buissonnant. Elle est souvent velue et devient rougeâtre en grandissant. Elle mesure en moyenne 70 cm de haut, mais peut aller jusqu’à 2 mètres.

Fleurs et fruits
Les fleurs sont petites et verdâtres. Les fleurs mâles forment des épis bien visibles et sont regroupées dans de petits capitules. À maturité, les fleurs mâles libèrent le pollen. Les fleurs femelles sont discrètes, insérées à l’aisselle des feuilles à la base des épis. Après fécondation, les fleurs femelles donnent un fruit appelé akène, muni de petites épines et renfermant une seule graine.

 

Exemple en Auvergne-Rhône-Alpes

En 2017, l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a évalué que dans cette région fortement infestée, près de 10 % de la population régionale a consommé des soins en lien avec le pollen d’ambroisie, dont le coût global a été estimé à plus de 40,6 millions d’euros (consultations, désensibilisation, dépenses de médicaments, arrêts de travail…).