Les semis sont bien entamés en Lorraine. Mais, depuis le sec s’est installé, avec une vision sur les prochaines semaines sans précipitations annoncées. Les stratégies de désherbage peuvent alors être questionnées.
Il est important de bien identifier la flore majoritaire des parcelles. Cela va orienter le programme (un ou plusieurs passages) et le positionnement des interventions (prélevée pour la gestion des graminées ou post-levée pour gérer les dicotylédones).
Adapter la prélevée en conditions sèches
Les herbicides appliqués en prélevée nécessitent un cumul minimal de 10 mm de pluie dans les dix jours qui suivent l’application pour garantir une efficacité optimale. En cas de condition sèches, deux situations apparaissent :
- Pression faible à modéré en graminées = je décale
- Pression forte = j’y vais quand même
En conditions sèches, l’efficacité des chloroacétamides n’est pas nulle et limitera le risque d’avoir à gérer en post-levée des situations non contrôlables par des produits foliaires (graminées résistantes aux sulfonylurées notamment). Cette intervention permettra notamment de faciliter le positionnement de la post-levée en regroupant les levées et en homogénéisant les stades de développement des adventices.
Positionner la Post-levée
Le report en post-levée précoce (1-3 feuilles du maïs, adventices en cours d’émergence) avec des associations à base d’Isard avec une tricétone (Callisto, LaudisWG) et/ou une sulfonylurée, constitue une option possible. La thiencarbazone méthyl (Adengo Xtra, Capreno) peut également être utilisée en association avec un chloroacétamide ou une sulfonylurée (nicosulfuron) en post-levée précoce. Ce type de stratégie, testée depuis des années dans les réseaux d’essais, présente l’avantage d’être moins sensible aux conditions climatiques que la prélevée seule dans la mesure où une partie de l’efficacité est assurée par les herbicides foliaires sur les premières adventices levées. Toutefois, si les conditions sèches persistent, le relai antigerminatif attendu des produits racinaires ne serait pas optimal et un rattrapage pourrait s’avérer nécessaire.
Des conditions propices au désherbage mécanique
Les conditions sèches que nous rencontrons ce début de printemps sont favorables au désherbage mécanique. Sur des jeunes maïs (à partir du stade 2 feuilles), il est possible d’utiliser une herse étrille ou roto-étrille si le sol le permet (peu ou pas caillouteux, peu motteux, non battu et pouvant s’émietter facilement). Ces interventions n’ont pas la persistance d’action d’un herbicide racinaire mais peuvent s’avérer très pertinentes dans ces situations où les adventices commencent à lever (le stade optimum d’intervention est le stade filament). Dans tous les cas, quel que soit le matériel utilisé, un semis profond de 4 à 5 cm et régulier permettra à la culture de supporter plus aisément ces passages mécaniques précoces. Un test préalable sur un bout de parcelle, hors fourrière, pourra permettre de vérifier l’adéquation entre la vitesse d’avancement et l’état de germination du maïs afin d’éviter d’éventuels dégâts sur la culture. Rappelons que pour que le désherbage mécanique soit efficace, il faut que les adventices soient à des stades très jeunes : le stade optimum d’intervention étant le stade filament, et que l’intervention soit suivie de 3 ou 4 jours sans pluie et préférentiellement avec un temps séchant (chaud, sec, venteux…)
Envisager les stratégies mixtes
Dans un contexte de prix élevés des intrants, le désherbage mixte du maïs, combinant interventions mécaniques et applications herbicides, tire son épingle du jeu d’un point de vue économique. A contrario, les temps de travaux augmentent en moyenne d’une heure par hectare pour le binage, avec une bineuse classique, deux passages étant justifiés pour une efficacité satisfaisante.




