A Pont-à-Mousson, le cinéma Concorde a accueilli la réunion annuelle de fin de campagne d’Arvalis-Institut du Végétal. Parmi les sujets abordés, focus sur les maladies des céréales à paille.
L’ergot des céréales, Claviceps purpurea, est un champignon qui produit des sclérotes, sa forme de conservation hivernale. « En nutrition humaine, le seuil accepté est de 3 sclérotes/kg de grain », rappelle Pascaline Pierson, ingénieure régionale Arvalis.
Au printemps, les sclérotes germent et forment des périthèces qui émettent des spores dans l’air. Disséminés par le vent et la pluie, les spores contaminent ensuite les graminées en floraison. Puis le champignon prend la place du grain de céréale, forme des sclérotes et tombe au sol, ce qui boucle le cycle. Ainsi, la contamination de la production céréalières a deux origines : « Soit il y avait présence d’ergot l’année passée et les sclérotes tombés au sol ont germés, soit les semences achetées étaient contaminées », explique Pascaline Pierson.
La contamination primaire de l’ergot des céréales se fait généralement en avril. « A cette période, les céréales ne sont pas en floraison mais les graminées et les vulpins si. Les graminées adventices peuvent relayer la maladie, il faut donc surveiller le salissement de la parcelle et les bords de route », avertit l’experte.
Une baisse de la septoriose
« Globalement, sur l’année 2025, la pression moyenne en France était de 12 q/ha sur la septoriose, ce qui est bien inférieur aux observations de 2024. En effet, nous avons observé une septoriose tardive, potentiellement concurrencée par la rouille brune », informe Pascaline Pierson.
Elle enchaine avec les résultats de huit essais réalisés par l’institut. « Nous avons compté le nombre de quintaux récoltés selon trois périodes de traitements. Le traitement au stade dernière feuille apparait comme le plus puissant pour la protection du blé, avec un gain de 12 q/ha. Par ailleurs, d’autres essais redémontrent l’efficacité du biocontrôle au stade 2 nœuds ».
Rouille jaune et résistance variétale
Au vu des résultats de cette année, Arvalis revient sur la question du contournement de résistances variétales de la rouille jaune. Pascaline Pierson appelle à la vigilance : « en comparants nos essais 2024 et 2025, nous nous sommes aperçu qu’un écart s’était formé entre le comportement au champ de certaines variétés et leur note de résistance. Elles vont voir leur note baisser d’un à deux points en 2026. Nous avons identifié une première raison à cela : la virulence d’un nouveau pathogène sur la variété Chevignon. La deuxième étant le contournement du gène Yr15, en Angleterre. Les variétés porteuses de ce gène sont plus résistantes à la rouille jaune. Son contournement induirait donc une plus grande sensibilité à la maladie ».
Lutte contre la JNO
Les variétés tolérantes à la Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO) sont plus résistantes que les variétés sensibles, à condition de respecter les dates de semis. Le levier génétique reste efficace contre cette maladie. En parallèle, Arvalis travaille sur un modèle nommé Aphibox. Son objectif est de caractériser le risque puceron vecteur de la JNO. « Le modèle estime la dynamique automnale de population de pucerons via le nombre de plantes habitées, ainsi que les paramètres climatiques. Ensuite, il nous renvoie des cartes de risque », présente Pauline Mangin, ingénieure régionale. « Néanmoins, il s’agit d’estimation. Les observations à la parcelle restent nécessaires », conclut-elle.



